Pour un audiovisuel en breton digne de ce nom !
La langue bretonne doit entrer dans le XXI ème siècle. En 2012, un triste constat s'impose en Bretagne : notre culture ne peut pas s'exprimer avec les moyens qui lui sont dus.
Ces moyens existent. La redevance audiovisuelle ne bénéficie qu'à la région parisienne et n'est que peu redistribuée. Sur les 165 millions collectés en Bretagne (120 millions d'euros pour la région administrative), moins de 40 millions environ sont distribués en région. Cela représente donc 120 millions d'euros donnés à l'audiovisuel à Paris par la Bretagne. Et c'est cela qu'on appelle l'aménagement du territoire à la française !
L'Europe, dans sa promotion de sa diversité culturelle, suit exactement le chemin inverse. Pour ne prendre qu'un exemple, la création récente en septembre 2008 de la BBC Alba uniquement en langue gaélique parlée par 60 000 habitants du nord de l'Ecosse est le dernier exemple en date. Le budget de cette chaîne est équivalent à l'ensemble des dépenses liées à l'audiovisuel public en Bretagne ! Selon une étude récente, le nombre de bretonnants était de 172 000 (près de 3 fois plus que de locuteurs de gaélique d'Ecosse) en 2007. Ce nombre baisse inexorablement. La création de véritables programmes de télévision en breton est l'une des solutions pour normaliser, diffuser le breton. Les expériences galloises, irlandaises, basques, catalanes et plus récemment écossaises sur ce sujet sont sans équivoques.
Cette demande de notre part d'un réel investissement dans l'audiovisuel breton n'est donc pas une demande d'aumône. Il faut que notre culture s'exprime et les moyens existent. Réclamons ce qui nous est du pour que nos langues aient une chance de s'exprimer et de vivre !
La société brittophone a besoin de programmes pour tous les âges et correspondant à sa diversité socio-culturelle. Aujourd'hui les émissions télévisées en langue bretonne totalisent un peu moins de 3h de programmes inédits par semaine.
Nous réclamons ainsi de la part des collectivités territoriales et de l'Etat qu'il nous soit accordé afin d'assurer un réel avenir à la langue bretonne :
- Les moyens de produire en langue bretonne et de proposer à l'ensemble des locuteurs des programmes audiovisuels variés - radiophoniques et télévisuels - à savoir au minimum :
- Un "soap opera" hebdomadaire de 26'
- Un journal audiovisuel quotidien d'informations locales, nationales et internationales en breton. 13' par jour
- Deux talk-show hebdomadaires concernant la vie en Bretagne dans sa diversité de 52'
- Deux oeuvres documentaires hebdomadaire de 26'
- Un programme quotidien pour les enfants de 52'
- Un programme quotidien pour les jeunes adultes (12/18 ans) de 26'
- Une oeuvre de fiction par semaine (films et oeuvres audiovisuelles) de 90'
- Une émission hebdomadaire d'apprentissage de la langue de 26'
- Une émission hebdomadaire de sport de 26'
Soit un total d'environ 15h par semaine d'émissions télévisées de qualité en langue bretonne.
Les téléspectateurs de ces différents programmes devront avoir le choix, dans la mesure du possible, d'avoir des sous-titres en breton, en français ou pas de sous titres.
Cette demande n'est absolument pas utopique ! Elle est formulée par des professionnels oeuvrant dans le domaine des médias en Bretagne. Les élus nationaux et locaux doivent prendre en compte cette réalité et dresser une politique cohérente et de rassemblement.
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